Associer documentalistes et journalistes, c’est possible

Publié le 27/04/2012

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L’intérêt d’accueillir des stagiaires en milieu professionnel c’est notamment de s’autoriser des expérimentations parfois délicates à conduire dans un fonctionnement normal, pour de multiples raisons.

J’ai profité de la présence pendant plusieurs semaines, de Margaux, une étudiante en documentation, en stage au service documentation de France 3 Lorraine pour voir, avec le feu vert de ses collègues du service, comment nous pourrions pousser les interactions qui existent déjà entre la rédaction et la documentation. L’occasion d’expérimenter l’utilisation de nouveaux outils d’écriture comme les frises chronologiques (Dipity dont j’ai déjà parlé et Timetoast qui fera l’objet d’un prochain billet) ou la géolocalisation.

C’est ce dernier point sur lequel nous avons décidé de travailler ensemble Margaux et moi, en nous appuyant sur l’article concernant les attaques par un ou plusieurs loups dans les Vosges que nous avons ouvert en avril 2011 et dans lequel nous faisions régulièrement un état de la situation.

Le problème de ce type d’article est qu’il devient vite une accumulation chronologique de faits (attaques et mesures prises en réaction) qu’il est difficile de rendre très "appétissant" au bout d’un moment, l’article devenant très long et de moins en moins "sexy". Nous avons donc décidé de proposer dans le cœur même de l’article une carte google maps relatant les faits en les géolocalisant.

Avantage immédiat, le lecteur se rend compte, par la géolocalisation précise des évènements, de la proximité de ceux-ci et du fort relief à l’intérieur duquel ils se sont produits. Le tout avec une plus grande lisibilité.

Cette carte est à découvrir en cliquant sur ce lien.

Concrètement, Margaux a repris l’ensemble des éléments contenus dans l’article (que j’avais rédigé et complété depuis la 1ère attaque suspecte en avril 2011), les a vérifié par de multiples sources, parfois complété et précisé, avant de les mettre en forme : localisation, choix des couleurs et des formes des épinglettes (une couleur par année, une forme par évènement, attaque ou réaction, ajout de photos pertinentes, etc…).

Nous avons ensuite revu le tout ensemble puis j’ai choisi des critères d’exportation spécifiques (zoom, centrage, etc.) de la carte pour l’intégrer en code via notre back-office Salma dans l’article initial reconfiguré en mini-dossier pour l’occasion : la carte au premier plan avec les vidéos des reportages, le relevé des attaques et les mesures prises dans des paragraphes complémentaires.

La documentation à France 3 Lorraine est déjà fortement imbriquée dans l’activité de la rédaction pour la diffusion télévisuelle. Mais à ma connaissance, cet article avec sa google map dédiée est le premier vrai travail collaboratif réalisé à France 3 Lorraine, pour le web, entre documentalistes et journalistes. Il préfigure à mon sens les interactions évoquées le 12 décembre 2011 à l’occasion des tables-rondes autour des métiers et des compétences proposées par l’Observatoire des métiers de la presse à l’occasion de sa présentation de la nouvelle cartographie des métiers de la presse. Dans laquelle est notamment évoquée la question des (futurs?) journalistes-documentalistes…

Mais avant d’en arriver là, cet exemple montre bien que de vraies synergies sont possibles, dès à présent, au quotidien, sans forcément faire exploser les lignes du métier de chacun, et même dans les rédactions encore peu impliquées dans les usages numériques et dans la transversalité.

Des suivis de dossiers comme un fait divers puis son traitement judiciaire, la biographie d’une personnalité, un dossier environnemental ou industriel important (gaz de schiste, ArcelorMittal, Skylander, etc.) sont autant d’éléments que journalistes et documentalistes peuvent traiter, main dans la main, à travers les nouveaux outils du web.