De ma méthode pour susciter de l’intérêt pour le 2.0

Posted on 23/05/2011

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Comme je l’évoquais dans un précédent billet, avant de contraindre à l’utilisation d’outils liés aux réseaux sociaux, que ce soit pour faire de la veille, provoquer des interactions ou diffuser de l’information, il me semblait nécessaire de faire connaître ses outils et leur positionnement dans la sphère du web 2.0.

Difficile en effet de demander à qui que soit (et pas seulement à un journaliste) de s’approprier Twitter si l’intéressé (qui en l’occurrence ne l’est pas forcément…) ne sait même pas de quoi il s’agit.

Et qu’on le veuille ou non, dans notre univers où virtuel et réel sont quasi-liés désormais, il y a beaucoup, beaucoup de collègues très éloignés de la connaissance minimale de ces outils, préalable indispensable à toute appropriation potentielle.

J’ai donc décidé de prendre sur mon temps de pause de la mi-journée pour proposer à mes collègues (tous, pas seulement les journalistes…) de leur présenter chaque semaine un outil web. J’ai commencé par Twitter en m’appuyant sur mes fiches pratiques.

Une heure d’échanges chaque jeudi de 13h30 à 14h30 : 30 minutes de présentation de l’outil, pas à pas, avec des démonstrations sur un écran blanc dans notre salle de conférence, à partir d’un portable couplé au vidéoprojecteur. Puis 30 min de questions-réponses, sans tabous, sur mon usage à titre pro, à titre perso et sur les usages que nous pourrions en faire à titre pro pour France 3 Lorraine.

A l’issue des premières séances (15 personnes en moyenne, peu de journalistes, un public pour partie renouvelé d’une séance à l’autre), je constate un réel enthousiasme pour la démarche : informer avant même de parler de formation. Autre constat, l’importante méconnaissance par la plus grande partie des personnes présentes du fonctionnement des outils. Beaucoup connaissent Twitter depuis l’affaire #DSK, ils en saisissent désormais un peu mieux les mécanismes.

Mais ce qui me parait plus intéressant encore est la variété d’origine des personnes présentes : techniciens, administratifs, communicants et donc peu, très peu de journalistes. Un peu comme si l’appropriation des outils du virtuel n’intéressait que ceux dont à-priori, dans leur quotidien professionnel, ne semblent pas les plus concernés par leur utilisation.

Et pourtant.

La veille Twitter n’est pas qu’une veille et une transmission d’informations à caractères journalistiques ! Un comptable peut créer son réseau de tweetnautes spécialistes de la comptabilité, un monteur, des listes de passionnés du montage vidéo. Chaque métier peut s’emparer, s’empare déjà du réseau social.

Sauf les journalistes.

Pourquoi ?

Je ne sais pas au fond.

J’ai entendu tous les arguments. De la part des autres. Mais pas de leur part. Sont-ils craintifs, technophobes, dépassés, trop prétentieux pour accepter d’apprendre l’utilisation d’un nouvel outil ?

Je ne sais pas. Ce que je crains en revanche c’est qu’à la vitesse à laquelle notre public s’empare lui de ces outils, nous finissions par être dépassés dans notre capacité à produire de l’information.

Et que nous ne soyons plus bons -comme le font certains en remplissant leur journal en le copiant-collant de celui de la concurrence- qu’à copier-coller les tweets et retweets des internautes lorrains…

Je veux toutefois rester optimiste : mes collègues journalistes, voyant que tous leurs autres collègues maitrisent les outils web (ou à tout le moins en ont progressivement connaissance grâce à ces rendez-vous hebdomadaires d’information du jeudi) vont bien finir à leur tour par s’y intéresser !

🙂

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