De l’interactivité

Posted on 31/12/2010

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L’un des objectifs de ma mission comme community manager de France 3 Lorraine était de tenter de capter un nouveau public, de lui faire bénéficier des travaux de la rédaction et d’amorcer des interactions avec lui.

Nous partions de loin : notre panel de téléspectateurs est âgé, majoritairement de plus de 45 ans, et sa fidélité s’est émoussé ces 10 dernières années : arrivée de nouvelles chaînes (thématiques et seniors notamment), implantation de la TNT et multiplication des box provoquant parfois par ricochet la disparition de notre offre de JT locaux. De plus, à part quelques visionnaires, bien peu misaient sur internet et ses développements journalistiques au sein de notre groupe de service public. En tout cas, peu de décisionnaires. Et peu soutenus par l’actionnaire Etat. Malgré certains grands et beaux discours. Mais au plus petit niveau, les journalistes eux-mêmes ont rarement montré un intérêt débridé. Soit qu’ils ont vite été mis sous l’éteignoir après une réelle participation lors des concertations préalables régionales au Global Média (vites oubliées par les parisiens de l’équipe De Carolis), soit plus prosaïquement que ni l’appétence, ni l’intérêt pour la chose n’a semblé au rendez-vous de leur réflexion.

Bien sûr il existait un compte Facebook, alimenté de ci de là depuis janvier 2010, lancé par les plus sensibilisé de nos journalistes. Et puis la publication erratique de reportages sur notre site internet. Mais c’était tout.

En août, après avoir demandé aux internautes (en expliquant la démarche) ce qu’ils attendaient de notre site internet et de notre présence sur les réseaux sociaux, j’ai enclenché un certain nombre d’actions spécifiques :  reprise et transformation en page Fan officielle de la page Facebook, création du compte Twitter officiel de la rédaction, mise en place d’un système simple d’alerte info avec mail dédié (gros bouton rouge immanquable) accessible depuis la Home et la page actu de notre site.

A partir de là, tout restait à faire : offrir nos informations et nos infos-services (grèves, manifs, circulation, neige, etc.) avec des mots-clés dédiés à nos internautes, les inciter à consommer cela ET à réagir. Puis les inviter à interagir, en nous informant ou encore en nous envoyant leurs photos (en créant pour l’occasion à l’échelle du pôle Nord-Est un outil dédié) diffusées à la fois sur notre site mais également, au coup par coup, sur notre antenne.

Cela a fonctionné. Mais pas totalement.

Succès complet pour les photos (plus de 200 en quelques semaines, de partout en Lorraine, et parfois même d’ailleurs) et forte progression du nombre de commentaires sur nos travaux.

Les 2 captures d’écran sur nos statistiques Facebook me semblent tout à fait parlantes : nous sommes passés de moins de 200 à plus de 2000 utilisateurs actifs par mois en 3 mois et notre page FB a été affichée plus de 400.000 fois au mois de décembre.

 

Statistiques de notre page Facebook France 3 Lorraine au 18 décembre 2010

 

Statistiques de notre page Facebook France 3 Lorraine au 31 décembre 2010

On peut bien sur tout faire dire aux chiffres. Et même parfois n’importe quoi. Je n’ai malheureusement pas le temps de faire une étude fine et approfondie de ces stats. Mais associées aux retours IRL de notre activité (de plus en plus de journalistes de la rédaction participent désormais à la publication des travaux), ces tendances me confortent dans l’idée que nous tenons le bon bout.

Mais il y a un mais dans cette interactivité. En décembre nous avons offert des places gratuites pour le salon des antiquaires de Metz par le biais de notre compte Facebook. Il suffisait de se présenter à l’accueil de France 3 Metz pendant 2 jours. Premiers arrivés, premiers servis. Aucune des 30 places n’a été retirée.

Je n’ai que des hypothèses à formuler.

Nos internautes n’attendent pas cela de nous. Nous aurions dû teaser cette opération en amont. Ils n’ont pas osé venir. Ils n’ont pas trouvé les locaux. Ce n’est pas notre public qui va dans ce salon.

Je n’ai pas non plus eu le temps de lancer une demande d’explication a posteriori. Et je le regrette. Mais nous tenterons à nouveau une telle opération. En l’affinant.

Après tout, nous sommes en pleine construction de cette relation nouvelle, avec- pour sa plus grande partie- un public d’internautes qui n’est pas notre public habituel. Pourtant ces internautes semblent nous avoir adoptés, j’en veux pour preuve leurs vœux sur Facebook ;-)

Et nous, leurs sommes déjà très attachés.

Car c’est ensemble que nous construirons l’avenir du service public d’information.

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