De l’adaptation au réel pour rendre compte du Fantastique

Posted on 13/12/2011

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C’est le problème de la passion.

Vouloir faire toujours plus parce que les outils le permettent. Un sentiment d’autant plus fort quand l’envie date d’avant les outils. Et provoquait alors une terrible frustration. Puis ceux-ci ont été créés, de plus en plus efficaces, de plus en plus compacts, de plus en plus accessibles. Et la croyance qu’ils vont finalement permettre de concrétiser l’envie se transforme en une frustration plus grande encore face au soudain constat que le facteur humain est le vrai blocage. Insoluble…

Alors le réel devient accessible derrière le fantasme et doit absolument être accepté et même savouré, au risque sinon de finir dans le mur.

S’adapter au réel. C’est ce que nous allons faire en janvier 2012 pour la couverture du festival du film fantastique de Gérardmer dans les Vosges.

Une couverture à taille humaine, raisonnable, loin du Barnum que nous avions mis en place pour l’édition 2011. Une décision basée sur les enseignements tirés de cette 1ère expérience de couverture web et de celle de Chambley. Oui, il est possible de donner à l’internaute beaucoup, toujours plus, grâce à la technique. Mais à condition que les moyens humains soient proportionnés. En 2011, ils ne l’étaient pas et les contraintes d’une trop lourde organisation technique on fait que trop de choses promises n’ont pu être réalisées à travers un superbe mini-site mais finalement trop lourd à gérer qui fut  trop faiblement alimenté.

Pour l’édition 2012, en faisant le choix d’un dispositif allégé, j’ai donc le sentiment que nous pourrons mieux faire vivre l’événement de l’intérieur et en plusieurs points simultanés.

Le dispositif :

–       Une seule entrée pour l’internaute : une fiche info sur notre site internet régional.

–       Deux personnes sur le terrain du mercredi soir au lundi matin pour couvrir l’intégralité du festival, un journaliste (moi) et une webmestre.

–       Deux appareils photo (un chacun) pour alimenter un diaporama contributif permanent ou des diaporamas quotidiens ou des diaporamas thématiques durant les 5 jours, cela reste à définir.

–       Un coveritlive intégrant le hashtag dédié #gerardmer permettant ainsi de capter et diffuser nos tweets et ceux des usagers présents sur le festival utilisant ce mot-clé (le plus utilisé en 2011).

–       Un iPad pour alimenter le coverit, un smartphone pour envoyer des photos sur le fil twitter.

Ainsi Nathalie et moi pourront circuler librement à toute heure du jour et de la nuit pour faire vivre les multiples facettes du festival géromois, des coulisses aux files d’attente, de l’intérieur des salles aux espaces interviews, des pistes de skis à la zombie Walk, sans oublier l’annonce en direct du palmarès final.

Et nous ne ferons aucune vidéo.

Celles de l’équipe du journal régional  (2 directs et 3 pages spéciales pendant les 5 jours) seront traitées depuis Nancy par Thierry, le second journaliste de la cellule web de France 3 Lorraine, qui les intégrera dans la fiche info.

La priorité pour nous sur le terrain sera double, réactivité et proximité, par le texte et l’image fixe.

Car ce n’est pas la vidéo qui aujourd’hui génère le plus de trafic sur notre site internet régional, mais bien l’info, texte et photo(s).

Un choix de traitement adapté aux attentes de l’internaute :

Le constat fait au cours de cette année au sein de la cellule web se confirme à chaque fois que nous mettons en ligne un diaporama réalisé sur le terrain. Le nombre d’internautes les consultant est toujours supérieur au nombre de clics sur les vidéos de reportage des JT que nous mettons en ligne quotidiennement.

Peut-être n’est-ce pas une vérité absolue, mais sur le site de France 3 Lorraine, il nous faut prendre en compte le fait que nos internautes s’intéressent désormais moins à nos reportages vidéo qu’à nos reportages écrits.

Cela impose de revenir aux canons de l’écriture journalistique scripturale : titraille, pyramide inversée, etc. Des canons relativement éloignés de ceux du journalisme télévisé d’aujourd’hui mais qu’il va falloir se réapproprier pour garantir la capacité de multi-écriture qui sera demain, sans aucun doute, la règle.

Faire accepter cela ne sera pas aisé, l’ assumer et le réaliser, probablement moins encore. Mais c’est la garantie, j’en suis certain, de la survie de notre métier. Et sans doute de notre média.

Non pas tout faire en même temps, ni même forcément être capable de tout faire. Mais connaître l’essentiel (et l’essence) de ces différentes écritures et être capable d’en maîtriser les fondamentaux.

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